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Henri Malberg, une figure du Paris populaire et du combat communiste (Pierre Laurent)

Henri Malberg nous a quittés ce matin du 13 juillet dans sa 87ème année. A la tristesse qui nous envahit, se mêlent aussitôt toutes les joies que nous avons partagées et qui ont fait sa vie militante. Lui, l'enfant de Belleville, le militant du bonheur, est donc parti un jour de bal populaire du 14 juillet et nous danserons ce soir avec son souvenir au coeur. 

Henri Malberg a grandi dans le XXème arrondissement de Paris, un quartier populaire qu'il n'a jamais quitté et dont il a été un élu communiste respecté de tous pendant plus de trente cinq ans. Voilà un homme qui aurait été un grand maire du XXème arondissement ! 

Issu d'une famille immigrée juive, il a 12 ans quand il échappe de justesse avec les siens à la rafle du Vel d'Hiv en se cachant. Ces vingt dernières années, il a beaucoup oeuvré à transmettre la mémoire de ces événements tragiques, notamment depuis 2001 aux côtés de Catherine Vieu-Charier à la mairie de Paris. A la Libération, il rejoint la Jeunesse Communiste où il milite aux côtés d'Henri Krasucki, de Paul Laurent et tant d'autres, qui resteront des amis et des camarades de combat pour toujours. C'est là aussi qu'il rencontre Francine avec laquelle il se marie. Ils auront deux filles, Joëlle et Christine. 

Jeune ouvrier, Henri devient très vite un dirigeant reconnu d'abord de la Jeunesse Communiste, puis du Parti communiste. Au début des années soixante, il devient le secrétaire de Waldeck Rochet qui va succéder à Maurice Thorez au secrétariat général du Parti. A la fédération de Paris, il est responsable du travail en direction des intellectuels et est le secrétaire de la section du Vème arrondissement dans le Quartier Latin au coeur des évènements de mai-juin 68. Elu au Comité central en 1972, il devient secrétaire de la fédération de Paris après la crise que traverse cette fédération en 1978 et qui voit le départ d'un de ses proches, Henri Fiszbin. Il sera de nombreuses années le président du groupe communiste à l'Hôtel de Ville et dirigera les revues France nouvelle puis Regard. 

Tout au long de sa vie, Henri aura été un homme d'ouverture, inséparablement ouvrier et intellectuel, oeuvrant activement aux transformations de son parti à partir des années 70, mais toujours attaché à l'existence et au développement de son parti, auquel il tenait plus que tout, de manière « incorrigible » comme il l'a écrit dans son dernier livre.

Henri Malberg a été pour moi plus qu'un dirigeant. Nous étions proches dans la vie et nous partagions l'amour du Paris populaire. Il aimait parler politique et je ne manquais jamais d'écouter ses conseils politiques avisés, toujours plein de bon sens et d'optimisme, même quand nous n'étions pas d'accord. Henri savait faire confiance, singulièrement à la jeunesse, et il croyait avec raison à l'avenir de nos idées communistes. 

Nous perdons un grand homme, un communiste qui restera gravé dans nos mémoires et auquel nous devons le serment de continuer le combat auquel il a tant donné. J'aimais Henri pour tout ce qu'il était, pour sa joie de vivre et sa profonde humanité, pour son intelligence et sa culture, pour ses idées et ses combats, pour son désir de toujours avancer. 

J'adresse à Marine et Zoé, ses deux petites-filles, toutes mes condoléances et mon affection la plus chère.

 

Paris, le 13 juillet 2017

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